Généralités sur l'agrégation de mathématiques
N.B.: les informations suivantes sont fournies sous réserve
d'erreurs et de modifications.
Pourquoi préparer l'agrégation?
L'agrégation permet d'obtenir un poste de professeur de lycée
(parfois de professeur de classes préparatoires ou de PRAG, voir
ci-dessous). Elle est peut également intéresser les
personnes se destinant à des études doctorales (M2
de type recherche puis thèse), à la fois pour approfondir ses connaissances
en mathématiques et pour s'assurer un débouché
car les postes dans l'enseignement supérieur et la recherche
sont rares.
Avant l'agrégation
Pour
se présenter au concours de l'agrégation, il est nécessaire d'être
titulaire d'un Master ou d'un diplôme équivalent. Cependant, les
conditions de diplôme s'apprécient à la date de publication des listes
d'admissibilité, ce qui fait qu'il est possible par exemple de
s'inscrire simultanément en M2 et à la préparation à l'agrégation en
septembre 2010, et de passer le concours de l'agrégation à partir
d'avril 2011 à condition d'avoir validé son M2 avant fin mai 2011.
L'année
du M1 comporte des parcours "classiques", ainsi que le parcours EFM destiné
aux étudiants souhaitant préparer le CAPES. Bien que beaucoup
d'étudiants visant l'agrégation se présentent également au concours du
CAPES, il est conseillé de suivre un parcours classique, dont le
contenu mathématique est plus approfondi.
En M2, quatre choix sont possibles :- Le parcours M2-MFA
: il correspond à un master de type "recherche", comprenant des cours
fondamentaux au premier semestre, des cours spécialisés au second
semestre et la rédaction d'un mémoire. Ce parcours n'a qu'un intérêt
limité (quoique non nul) pour le concours de l'agrégation, mais c'est
celui qui prépare le mieux à une thèse.
- La spécialité M2-EFM
: il s'agit du M2 que choisissent les étudiants qui visent le CAPES. Il
comprend essentiellement des modules de préparation au concours et un
stage d'enseignement. Ce parcours pourra être choisi par ceux qui ont
pour objectif principal d'obtenir du CAPES pendant l'année de M2 et qui
envisagent de se présenter à l'agrégation l'année suivante, mais qui ne
souhaitent pas poursuivre en thèse de mathématiques.
- Le parcours M2-AGM
: c'est un parcours mixte, comprenant au premier semestre des unités du
parcours M2-MFA et des unités directement utiles au concours de l'agrégation. Au
deuxième semestre, il comprend plusieurs modules à choisir parmi
: un mémoire de type "recherche", des cours spécialisés, un
cours de modélisation, un stage d'enseignement, des modules de
préparation à l'oral du CAPES. Il s'agit donc du parcours qui prépare
le mieux au concours de l'agrégation, et permet selon les options
choisies de se préparer à une thèse, au métier d'enseignant ou au
concours du CAPES.
- Le parcours M2-PSA (ou tout autre master professionnalisant) : ce parcours n'a
qu'un intérêt limité (quoique non nul) pour le concours de
l'agrégation, mais permet d'assurer un débouché professionnel en cas
d'échec au concours, ou bien au cas où l'on hésite entre le métier
d'enseignant et un travail dans une entreprise.
Nous ne
privilégions aucun de ces choix, qui dépend des aspirations
professionnelles de chacun.
L'année
de préparation à l'agrégation proprement dite est théoriquement celle
qui suit l'obtention du M2. Cependant, quel que soit le parcours
choisi, il
peut être très utile de s'inscrire simultanément à la préparation à
l'agrégation (quitte à n'en suivre qu'une partie des cours) et ainsi
commencer sa préparation au concours dès l'année de M2. De plus, il est
possible de se présenter au concours de l'agrégation dès l'année du M2
à condition d'avoir validé celui-ci avant la publication des listes
d'admissibilité (vers début juin), ce que permettra au moins le
parcours M2-AGM.
Mentionnons
également que toute personne inscrite en M2 peut se présenter au
concours du CAPES, et doit avoir validé le M2 au plus tard l'année
suivante.Le déroulement du concours
vers juin-juillet: inscription sur le
site
du ministère.
début avril: 2 épreuves écrites de 6h (chacune coefficient 1),
une de mathématiques
générales, l'autre d'analyse et probabilités.
vers début juin: résultats d'admissibilité, saisie des demandes
d'affectation pour l'année suivante ou demande de report.
vers fin juin-début juillet: 3 épreuves orales.
- Oral 1 (coefficient 2). L'épreuve se déroule en deux parties. La première partie est notée sur
15 points, la seconde sur 5 points (durée de la préparation : trois
heures et trente minutes ; durée de l'épreuve : une heure et vingt
minutes maximum).
Première partie : épreuve
d'algèbre et géométrie (exposé : quinze minutes maximum ; entretien
quarante-cinq minutes maximum).
Pour l'épreuve orale d'algèbre et géométrie (coefficient 1),
le candidat tire au sort
deux sujets parmi une liste d'une cinquantaine de sujets connus à l'avance.
Il choisit l'un de sujets et dispose de 3h pour le préparer, à l'aide des documents
fournis par le jury ainsi que de ses propres documents s'ils sont autorisés
(grosso modo, il doit s'agir de livres non annotés et vendus dans le commerce).
Il établit un plan manuscrit de 3 pages au maximum, qui sera photocopié
pour tous les membres du jury.
La durée de l'épreuve est ensuite d'une heure au maximum.
La phase de l'exposé, de 15 minutes au maximum, consiste en la présentation
du plan suivie d'éventuelles questions du jury. Le candidat dispose de 8 minutes
pour résumer son plan (sans le paraphraser!), expliquer l'articulation entre
ses diverses parties et motiver ses choix. Il lui est permis de garder son
manuscrit sous ses yeux. Le jury attend du candidat
que pour chaque définition, il sache trouver des exemples et des
contre-exemples, qu'il en connaisse les motivations. Pour chaque théorème,
le candidat doit pouvoir traiter des exemples simples d'application,
connaître des applications plus élaborées, savoir si toutes les hypothèses
du théorème sont utiles, s'il en existe des généralisations ou des améliorations,
ou si au contraire sa formulation devient plus
simple dans des cas particuliers. De plus, si ce théorème n'est pas
proposé en développement, le candidat doit pouvoir en expliquer la
démonstration dans ses grandes lignes.
A l'issue de la présentation du plan, le candidat propose 2 voire 3 développements,
tels que la démonstration d'un théorème du plan ou la résolution d'un exemple
suffisamment difficile. Le jury en choisit un, et le candidat dispose alors
de 15 minutes pour faire sa présentation. Il ne doit pas avoir recours à ses notes
(sauf si, pour un développement particulièrement technique, le jury l'y invite).
Les démonstrations présentées doivent être rigoureuses. Le candidat peut
(et même doit) adopter un rythme rapide, mais la clarté de l'exposé ne doit
pas en pâtir. Expliquer au préalable les idées et la structure de la démonstration,
faire des dessins, donner des arguments qualitatifs avant de se lancer dans
une succession touffue de détails techniques est apprécié.
L'examen oral s'achève par un entretien avec le jury. Celui-ci pose des questions
ou des exercices visant à tester la compréhension, la maturité scientifique
et la culture générale du candidat. Il ne cherche pas à le piéger, et lui laisse
un temps de réflexion raisonnable.
Seconde
partie : interrogation portant sur la compétence « Agir en
fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable »
(présentation : dix minutes ; entretien avec le jury : dix minutes). Le
candidat répond pendant dix minutes à une question, à partir d'un
document qui lui a été remis au début de l'épreuve, question pour
laquelle il a préparé les éléments de réponse durant le temps de
préparation de l'épreuve. L'exposé se poursuit par un entretien avec le
jury pendant dix minutes.
- Oral 2 d'analyse et probabilités (coefficient 1) : Les mêmes modalités qu'à l'épreuve d'algèbre et géométrie s'appliquent.
- Oral 3 (coefficient 1) de "modélisation" :
le candidat choisit (lors de l'inscription) entre 4 options. Le jury
fournit deux textes scientifiques (avec des pistes de réflexion),
parmi lesquels le candidat doit en choisir un.
Il dispose de 4 heures de préparation, pendant lesquelles il dispose des
documents fournis par le jury ainsi que de ses propres documents s'ils sont
autorisés. Il dispose également d'un ordinateur avec certains logiciels
pré-installés.
L'épreuve est d'une durée d'au maximum 1h15, dont 45 minutes pour
présenter le modèle, détailler certains points
de démonstration, expliquer les hypothèses faites, discuter l'adéquation
avec la réalité, donner des commentaires critiques, proposer des
améliorations et montrer l'exploitation de cet article dans
une séquence pédagogique, de préférence à l'aide d'un ordinateur.
L'épreuve s'achève par une discussion avec le jury.
Statistiques sur le concours
- en 2006, sur la France: 2849 inscrits, 1853 présents, 595 admissibles, 290 admis.
- en 2006, sur Metz: 8 participants réguliers à la préparation,
5 admissibles, 3 admis (130e, 142e, 242e).
- en 2007, sur la France: 2801 inscrits, 1722 présents, 598 admissibles, 290 admis.
- en 2007, sur Metz: 10 participants réguliers, 5 admissibles (dont 1 redoublant) + 1 admissible inscrit en 2006, 1 admis (213e).
- en 2008, sur la France: 2491 inscrits, 1579 présents, 551 admissibles, 252 admis.
- en 2008, sur Metz: 12 participants réguliers,
4 admissibles, 1 admis (185e) + 1 admis inscrit en 2006 (237e)
+ 1 admis inscrit en 2007 (249e)
- en 2009, sur la France: 2351 inscrits, 1384 présents, 553 admissibles, 252 admis
- en 2009, sur Metz: 7 participants réguliers, 4 admissibles (dont 1 redoublant), 1 admis (174e)
- en 2010, sur la France: 603 admissibles, 263 admis
- en
2010, sur Metz: 7 participants réguliers, 5 admissibles (dont 1
redoublant) + 2 inscrits lors des années précédentes, 2 admis (161e et
196e) dont 1 redoublant + 1 inscrit lors des années précédentes (245e).
- en 2011, sur la France: 288 admis.
Pour comprendre ces chiffres, il est important de noter que les taux de
réussite sont très variables suivant la population
concernée. Une centaine de normaliens se présentent,
avec un taux de réussite de près de 100%.
Environ 150 places
sont prises par les étudiants de l'université, avec un
taux de réussite de l'ordre de 20%. Les succès
sont nettement plus rares parmi les autres candidats.
Il importe également de noter que si la liste des admissibles
concorde souvent avec celle des meilleurs étudiants de M1,
les exceptions ne sont pas du tout rares.
De plus, tout admissible a des chances d'être admis,
même s'il pense être tangent, puisque les sujets
d'oral sont tirés au sort et donc le facteur chance est non
négligeable.
Après l'agrégation
D'après la note de service n° 2010-047 du 2-4-2010, les possibilités sont :
Effectuer une année de stage au lycée ou au collège (comprenant un de
temps de service complet ou quasiment complet et un temps
d'accompagnement). A l'issue de cette année, l'agrégation
est dite "validée". Le professeur agrégé est alors "titulaire". D'autres modalités d'accomplissement de stage comprennent : - une affectation en classe préparatoire
aux grandes écoles ou en classe de technicien supérieur (cette disposition concerne les lauréats de
l'agrégation qui auront fait l'objet, sur avis de l'inspection générale
de leur discipline de recrutement et après accord ministériel, d'une
proposition d'affectation dans un établissement public de l'enseignement
du second degré pour y assurer un service d'enseignement à temps
complet en classe préparatoire ou en section de techniciens supérieurs); - un recrutement en qualité de doctorant contractuel ou d'attaché
temporaire d'enseignement et de recherche (Ater, après 3 ans de thèse)
Demander un report de stage pour effectuer
des études doctorales (thèse).
Un
agrégé-docteur reçu à un bon rang au concours peut être affecté dans
une classe préparatoire.
Chaque année, un agrégé peut également postuler pour un poste de
PRAG
(professeur agrégé enseignant dans le supérieur).
Préparation de l'écrit
Le niveau de connaissances exigé est celui d'un bon niveau de classes
préparatoires aux grandes écoles. Des problèmes d'agrégation devront être
résolus dans les conditions d'examen environ toutes les 2 semaines. En outre,
des problèmes plus courts seront posés.
Préparation de l'oral d'algèbre ou d'analyse
Quelques rappels de cours, ainsi que des exercices, seront effectués par les
enseignants de la préparation. L'essentiel de la préparation à l'oral sera
centrée sur la préparation des leçons. Il est important, aussi bien de
préparer et d'apprendre des développements "bateau" (servant pour plusieurs
leçons) que des développements plus originaux qui permettent de briller à l'oral.
Il faut également noter que, même si lors du concours, parmi les deux
leçons proposées, l'une d'elles est souvent de niveau
premier cycle, ce n'est qu'en choisissant des leçons plus difficiles
et en montrant sa culture générale que l'on peut prétendre à une note élevée...
à condition de maîtriser suffisamment son sujet.
Enfin, après l'épreuve d'admissibilité, une préparation à l'oral dans les
conditions du concours sera donnée. Celle-ci comprend 6 oraux blancs
d'algèbre et géomètrie, 6 oraux blancs d'analyse
et probabilités et 5 oraux blancs de modélisation.
Nous insistons sur le fait que la préparation de l'agrégation
demande un travail personnel important, comprenant entre autres:
La résolution d'exercices et de problèmes.
Nous suggérons d'y consacrer un minimum de 2 heures par jour
en moyenne. Sachant que les épreuves écrites demandent un
bon niveau de connaissances de L3 et sont d'un niveau de difficulté
d'une épreuve de concours d'entréee à l'Ecole
Polytechnique, et sachant qu'une bonne partie des leçons d'oral
sont du niveau des classes préparatoires et qu'en outre
la moitié du jury d'oral est constitué de professeurs
de classes préparatoires (l'autre moitié étant
des professeurs d'université), il est indispensable de consacrer
une partie significative du temps sur des exercices et problèmes
de niveau "grandes écoles". Il est également très
important de résoudre des exercices et problèmes de niveau
plus élevé (tels que des problèmes de concours
d'agrégation ou des exercices de certains ouvrages de
préparation spécifique au concours) afin de prendre du recul
(beaucoup de problèmes d'écrit étant une
vulgarisation de mathématiques plus élaborées),
et de montrer sa maîtrise du sujet lors des épreuves orales.
Enfin, remarquons aussi que de toute façon, la pratique
de n'importe quel exercice ou problème est bénéfique
car les épreuves écrites sanctionnent essentiellement
l'aptitude à résoudre et rédiger efficacement des
exercices.
Le travail de lecture. Il est important pour l'oral de très bien
maîtriser un petit nombre (disons une dizaine) d'ouvrages de
référence. Rappelons que ceux-ci sont autorisés
lors de l'épreuve mais pas les notes de cours ou les polycopiés.
La préparation (doit-on dire le bachotage?) des leçons.
L'apprentissage (le cas échéant) des logiciels
de calcul scientifique ou de calcul formel.
Préparer le CAPES?
Il est certain que l'agrégation présente de
nombreux
avantages par rapport au CAPES: possibilité d'enseigner
au lycée plutôt qu'au collège (même s'il est courant qu'un agrégé
enseigne plusieurs années au collège en début de carrière),
rémunération
plus intéressante (plus de 600 euros d'écart en fin de carrière),
service de 15h par semaine au lieu de 18h. Cependant,
le concours de l'agrégation étant nettement plus
sélectif, il est envisageable de se présenter simultanément aux deux
concours.
Si vous ne souhaitez pas enseigner au collège, ou si votre but
principal en présentant l'agrégation est d'avoir une ligne de plus sur
votre CV en même temps que de s'assurer un matelas de sécurité avant de
se lancer dans des études doctorales, il est inutile de se présenter au
CAPES. Dans le cas contraire, vous pouvez le faire pendant l'année de
M2 quel que soit le parcours choisi, sachant que plus votre niveau est
tangent plus il sera nécessaire de consacrer du temps à la préparation
du CAPES et notamment aux épreuves orales.
En cas d'obtention du CAPES, on peut demander
un report de stage d'un an (et d'un an seulement) pour préparer
l'agrégation. Ce report "pourra éventuellement être octroyé par la
DGRH, en tenant compte des besoins du service public d'éducation" (cf. note de service n° 2010-047 du 2-4-2010). En pratique, le report de stage pour ce motif est toujours accordé.
L'agrégation interne
Au
bout de 5 ans de service, un professeur certifié peut se présenter au
concours de l'agrégation interne. Bien que le format de ce concours
soit assez différent de celui de l'agrégation externe, le fait d'avoir
préparé cette dernière permet d'approfondir et de renforcer notablement
ses connaissances, et donc permet d'augmenter ses chances d'être admis
à l'agrégation interne quelques années plus tard.
Quelques livres utiles
(On trouvera des listes beaucoup plus complètes en cliquant sur "liens utiles" et en regardant au bas de la page.)
- Les
livres Mathématiques L1, Mathématiques L2 et Mathématiques L3, Pearson
éducation. Très complets, donc très utiles pour préparer les plans des
leçons.
- Beck & Malick & Peyré – Objectif agrégation. Très utiles pour préparer les plans des leçons.
- Gourdon – Analyse ; Gourdon - Algèbre
- Audin – Géométrie
- Perrin – Cours d’algèbre
- Rudin, analyse réelle et complexe
- Dieudonné, éléments d'analyse, tomes 1 et 2
- Tisseron : topologie, espaces fonctionnels, Hermann
- Cartan : cours de calcul différentiel
- Rouvière : petit guide de calcul différentiel, Cassini
- Foata et Fuchs : calcul des probabilités, Dunod
- Foata et Fuchs : processus stochastiques, Dunod
- Toulouse : thèmes de probabilités et statistiques, Dunod.
- P. Vallois : Modélisation stochastique et simulations, Ellipses.
- Briane et Pagès : théorie de l'intégration, Vuibert
- Duxois et Hassenforder : Toutes les Probabilités et les Statistiques, Ellipses
- Cottrel, Genon-Catalot, Duhamel, Meyre : Exercices de Probabilités, Cassini